Prise de position de l’AMM sur les soins de santé mentale des médecins


AdoptĂ©e par la 76ème AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’AMM, Porto, Portugal, octobre 2025

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La bonne santé mentale des médecins et des autres professionnels de la santé et des soins est une condition de la haute qualité des soins médicaux et de la sécurité des patients.

Le plan d’action de l’OMS souligne que de nombreuses difficultés auxquelles sont confrontés les professionnels de la santé et des soins à travers le monde, dont notamment les défaillances du marché du travail et le sous-investissement important, qui ont « un effet direct sur la santé physique, la santé mentale et le bien-être des travailleurs et peuvent saper leur santé et leur contribution sociale et économique à la société ».

Des mĂ©decins et d’autres professionnels de santĂ© sont susceptibles de rencontrer des problèmes de santĂ© mentale liĂ©s Ă  l’Ă©puisement professionnel, aux longues heures de travail, Ă  la prise de dĂ©cisions lourdes d’enjeux et Ă  la charge Ă©motionnelle propre Ă  leur profession. Si elles ne sont pas traitĂ©es Ă  temps, les affections mentales peuvent devenir chroniques et avoir de graves consĂ©quences dans tous les domaines de l’existence. Elles peuvent mĂŞme entraĂ®ner un risque accru d’idĂ©es suicidaires chez les mĂ©decins.

La prĂ©valence de troubles mentaux chez les mĂ©decins et les autres professionnels de la santĂ© et des soins dans le monde entier montre combien il est nĂ©cessaire d’accorder une plus grande attention Ă  leur bien-ĂŞtre psychosocial.

La pression exercĂ©e par les employeurs, les durĂ©es de travail excessives ou les violences subies, associĂ©es Ă  un accès Ă  des mĂ©dicaments et Ă  des stupĂ©fiants, peuvent Ă©galement donner lieu Ă  des situations dans lesquelles les mĂ©decins ont besoin d’aide et de soutien. Ces facteurs, parmi d’autres, peuvent Ă©galement contribuer Ă  augmenter le risque d’abus de substances chez les professionnels de santĂ©. La santĂ© mentale des mĂ©decins ayant des consĂ©quences sur la qualitĂ© des soins de santĂ© et la sĂ©curitĂ© des patients, il est essentiel d’assurer le bien-ĂŞtre des mĂ©decins.

La promotion de la santé mentale des médecins requiert une approche globale susceptible de garantir un traitement et une réadaptation appropriés sans stigmatisation.

Plusieurs pays ont mis en Ĺ“uvre des programmes spĂ©ciaux qui ont dĂ©montrĂ© leur efficacitĂ© en offrant une approche globale des soins pour les mĂ©decins souffrant de d’affections mentales.

Des antĂ©cĂ©dents de troubles mentaux ne constituent pas en soi une entrave Ă  la prestation de soins de qualitĂ© aux patients. Les mĂ©decins doivent bĂ©nĂ©ficier de programmes de retour au travail et d’amĂ©nagements raisonnables de leur lieu de travail pour s’assurer qu’ils rĂ©intègrent avec succès la profession et qu’ils continuent Ă  contribuer aux soins des patients.

Des recherches supplĂ©mentaires sur la santĂ© mentale des mĂ©decins sont nĂ©cessaires si nous voulons mieux comprendre le problème et identifier les meilleures pratiques de promotion de la santĂ© mentale et de traitement des maladies mentales, notamment en prĂŞtant attention Ă  la diversitĂ© et Ă  l’Ă©quitĂ© au sein des populations de mĂ©decins.

 

RECOMMANDATIONS

L’Association médicale mondiale réaffirme sa prise de position sur le bien-être des médecins, appelle les autorités compétentes à coopérer avec les organisations représentant les professionnels des soins de santé sur la question de la santé mentale des médecins, et exhorte ses membres constituants et les médecins :

  1. à plaider pour l’élaboration de politiques efficaces de protection de la santé mentale des médecins accompagnées de ressources suffisantes pour permettre des soins spécifiques et appropriés.
  2. Ă  encourager les efforts concertĂ©s aux fins de la prĂ©vention et de la dĂ©tection prĂ©coce de troubles de la santĂ© mentale chez les mĂ©decins en garantissant un accès confidentiel Ă  l’Ă©valuation, au traitement et au suivi sans crainte de rĂ©percussions professionnellesĚý; Ă  promouvoir le bien-ĂŞtre physique et mental des mĂ©decins par le biais de stratĂ©gies spĂ©cifiques, notamment au cours de l’enseignement supĂ©rieur et de la formation post-universitaire. Ces stratĂ©gies devraient apporter un soutien Ă  tout qui souffre d’affections mentales et veiller Ă  ce que les ressources nĂ©cessaires Ă  la promotion d’une santĂ© mentale positive soient disponibles pour tous les mĂ©decins, y compris ceux qui sont exposĂ©s Ă  des risques.
  3. Ă  encourager l’Ă©laboration de programmes et de protocoles d’intervention spĂ©cifiques Ă  la santĂ© mentale pour les mĂ©decins, qui permettent de traiter le problème d’un point de vue sanitaire, social et professionnel, en toute confidentialitĂ© et en l’absence de toute stigmatisation, et en favorisant la rĂ©adaptation physique et psychologique complète des mĂ©decins. Ces mesures devraient comprendre des programmes visant Ă  aider les mĂ©decins Ă  surmonter les addictions, qui pourraient ĂŞtre causĂ©es par des facteurs de risque psychologiques professionnels. Les associations mĂ©dicales devraient promouvoir des programmes aidant les mĂ©decins Ă  reprendre leur activitĂ© après le traitement et la guĂ©rison.
  4. Ă  veiller Ă  la dĂ©stigmatisation des troubles de santĂ© mentale ou des troubles liĂ©s Ă  l’utilisation de substances chez les mĂ©decins en garantissant leur accès au traitement et au suivi sans risques disproportionnĂ©s de dĂ©cisions nĂ©gatives concernant la dĂ©livrance d’une licence ou d’une certification. Toute restriction Ă  la pratique mĂ©dicale doit ĂŞtre fondĂ©e sur une Ă©valuation objective, au cas par cas, avec la participation des organismes de rĂ©gulation compĂ©tents, et doit tenir pleinement compte de la sĂ©curitĂ© des patients, du rĂ©tablissement clinique et des droits du mĂ©decin.
  5. Ă  dĂ»ment prendre en compte l’expĂ©rience acquise par les mĂ©decins rĂ©tablis de troubles mentaux dans les efforts visant Ă  surmonter la stigmatisation et la discrimination et Ă  rĂ©duire les inĂ©galitĂ©s.
  6. à soutenir et à enrichir les recherches et la formation des médecins en santé mentale, afin d’identifier et de mettre en œuvre de bonnes pratiques.
  7. à accroître la sensibilisation et promouvoir une formation complète sur la santé mentale des médecins dans les établissements de santé, les universités et les institutions, et à tous les stades de la formation médical.
  8. Ă  encourager des recherches sur la prĂ©valence et l’impact du risques psychosocial dans la profession mĂ©dicale.
  9. les associations mĂ©dicales nationales devraient promouvoir la mise en place de mĂ©canismes tels que des observatoires ou des initiatives de suivi dĂ©diĂ©s Ă  la reconnaissance, Ă  l’Ă©valuation et au suivi des problèmes de santĂ© mentale chez les mĂ©decins, ainsi qu’Ă  l’Ă©laboration de propositions fondĂ©es sur des donnĂ©es probantes en vue de leur prĂ©vention et de leur rĂ©solution.
  10. Ă  envisager et Ă  promouvoir des mesures visant Ă  crĂ©er des cultures d’entreprise positives et solidaires qui favorisent une communication ouverte, un travail d’Ă©quipe et un sentiment d’appartenance, oĂą les mĂ©decins se sentent valorisĂ©s et respectĂ©s, y compris une formation au leadership, des initiatives de soutien par les pairs et des canaux confidentiels permettant de faire part de ses prĂ©occupations sans craindre de reprĂ©sailles.

 

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Bien-être, Conditions de travail, Pandémie, Resilience, Santé mentale, Urgences, Violence

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